L'accès précoce aux 2 bithérapies d'anticorps monoclonaux disponibles contre la COVID-19 (ATU de cohorte) - mis à jour le 11/08/2021

Depuis le 15 mars 2021, 2 bithérapies d’anticorps monoclonaux sont autorisées par l’ANSM dans l’intention de traiter les patients à formes symptomatiques légères à modérées susceptibles de développer des formes graves de la COVID-19.

Il s’agit des spécialités pharmaceutiques suivantes :

CASIRIVIMAB et IMDEVIMAB 120 mg/mL solution à diluer pour perfusion des laboratoires ROCHE. Existe sous deux présentations :

  • Flacons de 20 mL contenant 11,1 mL (soit 1 332 mg) de casirivimab ou d’imdevimab.
  • Flacons de 6 mL contenant 2,5 mL (soit 300 mg) de casirivimab ou d’imdevimab.

BAMLANIVIMAB et ETESEVIMAB 700 mg/20 mL solution à diluer pour perfusion des laboratoires LILLY. Existe sous une seule présentation avec :

  • Un flacon de 20 mL de bamlanivimab (soit 700 mg)
  • Un flacon de 20 mL d’etesevimab (soit 700 mg)

Ces bithérapies sont indiquées dans le traitement de la COVID-19 confirmée par un test virologique de détection du SARS-CoV-2 positif chez les patients âgés de 12 ans et plus, ne nécessitant pas d’oxygénothérapie du fait de la COVID-19 et étant à risque élevé d'évolution vers une forme grave de la maladie (critères d’inclusion ci-dessous).

Afin de bénéficier du traitement, les patients doivent être en capacité de recevoir le traitement dès que possible après l’obtention du test RT-PCR au SARS-CoV-2 positif et dans un délai maximum de 5 jours après le début des symptômes.

Critères d’inclusion

Patients éligibles aux bithérapies si présence d’au moins un des critères suivants :

 

1- Déficit de l’immunité lié à une pathologie ou à des traitements :

  • Chimiothérapie en cours
  • Transplantation d’organe solide
  • Allogreffe de cellules souches hématopoïétiques
  • Maladie rénale avec DFG
  • Lupus systémique ou vascularite avec traitement immunosuppresseur
  • Traitement par corticoïde >10 mg/jour d'équivalent prednisone pendant plus de 2 semaines
  • Traitement immunosuppresseur incluant rituximab
  • Infection par le VIH non contrôlée ou stade SIDA (depuis le 11 juin 2021)

 2- Les patients à risque de complications :

  • Obésité (IMC > 30)
  • BPCO et insuffisance respiratoire chronique
  • Hypertension artérielle compliquée
  • Insuffisance cardiaque
  • Diabète (de type 1 et de type 2)
  • Insuffisance rénale chronique
  • Fibrose pulmonaire idiopathique
  • Sclérose latérale amyotrophique
  • Pathologies rares du foie y compris hépatites auto-immunes
  • Myopathies avec capacité vitale forcée
  • Autres pathologies rares définies par les filières de santé maladies rares (FSMR)
  • Trisomie 21

 3- Les patients de 80 ans et plus

Depuis le 11 juin 2021, compte tenu de l’absence de signal de sécurité, du besoin médical identifié pour certaines situations non couvertes auparavant et des avis rendus par l’EMA les 25 février et 16 mars 2021, l’ANSM en lien avec l’ANRS-MIE ont décidé d’élargir les indications aux patients âgés de 12 ans et plus et d’ajouter l’infection par le VIH non contrôlée ou stade SIDA dans « déficit de l’immunité lié à une pathologie ou à des traitements ».

 

Critères d’exclusion des patients

Patients non éligibles aux bithérapies si présence d’au moins un des critères suivants :

 

1- Les patients nécessitant une oxygénothérapie du fait de la COVID-19

2- Les patients ayant une forme sévère de la COVID-19

3- L’hypersensibilité à l’une des substances actives ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1 du RCP

4- Les patients chez lesquels un variant porteur de la mutation E484K (ou d’autres variants selon les préconisations des CNR des virus respiratoires) est détecté avant le traitement (le résultat du test de criblage est un prérequis au traitement dans les territoires où la circulation de ces variants est >10%). Un criblage à la recherche d’un variant sud-africain ou brésilien devra être réalisé sur le test PCR du patient. Les résultats de ce criblage sont obligatoires pour commencer la thérapie dans les territoires où la circulation du variant est > 10%.

 

Modalités de prise en charge

 

1- Orientation du patient éligible

  • Si le praticien exerce en ville : il contacte le SAMU/centre 15 qui lui donne l’information de l’établissement de santé en capacité d’administrer le traitement au patient dans un délai compatible avec les indications ou alors le praticien contacte directement le centre d’administration lorsqu’il en connait l’existence.
  • S’il s’agit d’un praticien hospitalier :
    • Si l’établissement dispose d’anticorps monoclonaux, il organise la prise en charge du patient, en lien avec les organisations mises en place in situ.
    • Si l’établissement ne dispose pas d’anticorps monoclonaux, il contacte le SAMU/centre 15 qui lui donne l’information de l’établissement de santé en capacité à administrer le traitement au patient dans un délai compatible avec les indications.

Cette prise en charge s’appuie sur une articulation entre les organisations hospitalières mises en place et la médecine de ville.

Dans tous les cas, le médecin hospitalier confirme l’éligibilité du patient au traitement pour la prescription.

2- Prescription et administration

La prescription de ces médicaments bénéficiant d’une ATU de cohorte est réservée à un médecin hospitalier et son administration intraveineuse doit être réalisée et surveillée dans un environnement hospitalier.

L’utilisation des bithérapies doit se faire dans le respect strict du protocole d’utilisation thérapeutique (PUT) et inclure un suivi virologique.

Pour rappel, le traitement devra être administré maximum 5 jours après l’apparition des symptômes.

Le patient devra faire l’objet d’une surveillance étroite lors de l’administration et pendant 1h après l’administration complète du traitement en raison du risque de réactions d’hypersensibilité et de réactions liées à la perfusion.

Le prescripteur doit effectuer la déclaration d’utilisation pour un patient et la transmission des données à J+7 et J+30 sur les plateformes suivantes :

3- Suivi

A J+7 après l’administration, le médecin prescripteur devra prévoir une visite à domicile par un professionnel de santé au cours de laquelle un test RT PCR nasopharyngé sera effectué.

En cas de valeur de la charge virale moyenne exprimée en CT inférieure à 31 ou d’absence de décroissance de la charge virale à J+7, un suivi virologique renforcé doit se mettre en place comportant un test par RT-PCR nasopharyngé et la recherche de variants.

Le calendrier des visites supplémentaires est à décider en collégialité entre cliniciens et virologues. Dans le cas où un variant porteur de la mutation E484K (ou d’autres variants selon les préconisations des CNR des virus respiratoires) serait détecté, un protocole strict d’isolement du patient et de ses éventuels contacts doit être mis en place immédiatement selon les recommandations en vigueur.

A environ 1 mois après l’administration, le prescripteur prévoit une nouvelle visite sur site ou une visite par téléphone avec le patient.

 

Les conditions de conservation et de dilution

Les flacons de [casirivimab et imdevimab] ou [bamlanivimab et etesivimab] doivent être conservés au réfrigérateur (entre 2°C et 8°C) dans l'emballage d'origine à l’abri de la lumière. Ils ne doivent pas être congelés ni agités. Une fois ouvert, le médicament doit être dilué immédiatement selon les conditions définies au 6.6 du RCP de l’ATU.

 

Liens utiles

Les documents relatifs aux bithérapies (RCP, PUT, critère d’inclusion dans l’ATU de cohorte) mis à jour le 08/06/2021 sont disponibles sur le site de l’ANSM :

Le Ministère de la Santé a élaboré des fiches pratiques concernant les traitements par anticorps monoclonaux, en monothérapie et bithérapie. Elles précisent notamment les critères d’éligibilité et les modalités d’orientation des patients :

  

Suivi des stocks via la plateforme e-dispostock

La mise à jour des stocks doit être effectuée de façon hebdomadaire, tous les lundis avant 18h.

Les codes UCD qui doivent être utilisés pour la déclaration de stock sont les suivants :

UCD

Libellé

3400890010627

BAMLANIVIMAB 35 mg/mL, sol à diluer pr perf, flac 20 mL

3400890011310

ETESEVIMAB 35 mg/mL LILLY,  sol à diluer pr perf, flac 20 mL

3400890011150

CASIRIVIMAB IMDEVIMAB 120 mg/mL ROCHE,  sol à diluer pr perf, flac 20 mL

3400890011167

CASIRIVIMAB IMDEVIMAB 120 mg/mL ROCHE,  sol à diluer pr perf, flac 6 mL

 

Pour l’association bamlanivimab et etesevimab, bien penser à déclarer les stocks des 2 médicaments séparément.

Tout effet indésirable suspecté doit être déclaré sans délai via le système national de déclaration sur le site internet www.signalement-sante.gouv.fr ou auprès du Centre Régional de Pharmacovigilance.

 

La liste des établissements de santé proposant les traitements disponibles sur sante.fr

La liste des établissements de santé proposant les traitements par anticorps monoclonaux est en ligne sur https://www.sante.fr/cf/lieux-traitement-covid-anticorps-monoclonaux.html.

Les établissements disposant d’un stock en anticorps monoclonaux en Nouvelle-Aquitaine par département au 12/08/2021 :

  • 16 - CH Angoulême
  • 17 – GH La Rochelle-Re-Aunis et CH Saintonge
  • 19 - CH Dubois Brive
  • 23 – CH de Guéret
  • 24 – CH Périgueux
  • 33 – CHU de Bordeaux et CH de Libourne
  • 40 – CH de Mont de Marsan
  • 47 – CH Agen-Nérac
  • 64 – CH Côte Basque et CH de Pau
  • 79 – CH de Niort et CH Nord-Deux-Sèvres
  • 86 – CHR Poitiers
  • 87 – CHU de Limoges